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Cancer du col de l’utérus : vaccination et dépistage peuvent changer l’histoire de la maladie

Le cancer du col de l’utérus possède une particularité majeure : une grande partie de sa prévention peut agir avant même qu’un cancer apparaisse. La vaccination vise les papillomavirus humains responsables de nombreuses lésions, tandis que le dépistage recherche une infection à risque ou des cellules anormales selon l’âge. Ces deux outils se complètent et ne doivent pas être opposés. Les estimations mondiales pour 2022, rappelées par le CIRC en 2025, faisaient état d’environ 660 000 nouveaux cas et 350 000 décès. En France, le parcours a évolué, notamment avec l’extension du rattrapage vaccinal jusqu’à 26 ans. Comprendre les tests, leurs rythmes et les suites d’un résultat positif permet de réduire la peur et les ruptures de suivi, sans confondre une infection fréquente avec un diagnostic de cancer.

Une jeune femme et une infirmière consultent un calendrier de vaccination
Photo sous licence. Image symbolique, non contractuelle.

Une infection fréquente ne signifie pas une maladie inévitable

Les papillomavirus humains, souvent désignés par HPV, forment une famille de virus. Certains sont associés à des lésions pouvant évoluer vers un cancer. L’infection est fréquente et peut être transitoire. Le risque ne se résume donc pas au fait d’avoir rencontré le virus, mais dépend notamment de la persistance de certains types et du contexte. Cette distinction est essentielle pour lire un résultat. Un test HPV positif n’annonce pas automatiquement un cancer. Il ouvre une conduite de suivi qui cherche précisément à repérer les situations nécessitant une surveillance ou une exploration avant une évolution plus grave [1].

L’information doit aussi éviter les jugements sur la vie sexuelle. Une infection détectée aujourd’hui ne permet pas de dater avec certitude sa transmission ni d’en déduire une infidélité. Les virus peuvent avoir été rencontrés longtemps auparavant. Un résultat n’est pas une preuve sur le comportement d’un partenaire. Les professionnels peuvent expliquer cette incertitude et aider à éviter des conflits fondés sur une interprétation fausse. La prévention gagne à présenter l’HPV comme un sujet de santé fréquent, avec des outils disponibles, plutôt que comme une faute intime. Cette approche facilite le dialogue, la vaccination et la continuité du dépistage sans ajouter une honte inutile.

Le CIRC a rappelé en janvier 2025 qu’environ 660 000 femmes avaient été diagnostiquées et 350 000 étaient décédées de ce cancer dans le monde en 2022 [2]. Ces estimations ne décrivent pas la situation française et ne correspondent pas à des décès survenus en 2025. Leur intérêt est de montrer une charge très inégalement répartie et l’importance des moyens de prévention. Le nombre de décès ne doit pas être divisé par les nouveaux diagnostics pour obtenir un pronostic individuel. Les personnes décédées peuvent avoir été diagnostiquées antérieurement, dans des systèmes de soins et à des stades très différents.

Le col est la partie inférieure de l’utérus, accessible lors d’un prélèvement gynécologique. Le cancer du col ne doit pas être confondu avec celui du corps de l’utérus, ni avec les cancers de l’ovaire. Les outils de prévention ne sont pas interchangeables. Un test de dépistage du col normal ne constitue pas un bilan général excluant toutes les maladies gynécologiques. Cette précision compte lorsqu’une personne reçoit un résultat rassurant puis constate un symptôme. Elle doit pouvoir consulter pour celui-ci sans penser que le test aurait vérifié l’ensemble des organes ou rendu toute autre investigation inutile pendant plusieurs années.

L’évolution possible entre une infection persistante et un cancer offre une fenêtre de prévention. Les lésions précancéreuses ne deviennent pas toutes cancéreuses, et la décision dépend de leurs caractéristiques. Le suivi cherche un équilibre : intervenir lorsqu’un bénéfice est attendu, éviter des traitements inutiles et ne pas perdre de vue une anomalie qui mérite une surveillance. Le calendrier n’est donc pas arbitraire. Il repose sur l’âge, le résultat et l’histoire de la personne. La patiente doit savoir quelle étape est prévue et pourquoi, afin de ne pas interpréter un contrôle différé comme une absence d’attention ou une exploration proposée comme l’annonce certaine d’une maladie grave.

L’expression HPV à haut risque désigne un groupe de virus associés au développement possible de cancers ; elle ne classe pas les personnes selon leur comportement. Cette précision est particulièrement utile dans un couple. Le test ne permet pas de dater de façon fiable l’acquisition du virus ni d’identifier la personne qui l’aurait transmis. Utiliser le résultat comme une preuve d’infidélité dépasse ce que l’analyse peut montrer. Le dialogue médical peut désamorcer cette interprétation et recentrer la discussion sur le suivi. Les partenaires peuvent parler de leur santé sexuelle sans transformer une infection fréquente en enquête, avec une information respectueuse de la confidentialité de chacun [1].

La vaccination prévient des infections et ses bénéfices sont observables

La vaccination est proposée avant les expositions les plus probables, mais un rattrapage peut aussi avoir un intérêt selon les recommandations. Elle ne traite pas une infection déjà présente ni une lésion existante. Cette différence doit être expliquée avant de conclure qu’un vaccin serait inutile dès qu’une personne a commencé sa vie sexuelle. La décision suit les indications nationales et le statut vaccinal. Elle concerne aussi les garçons, car les HPV interviennent dans plusieurs localisations et leur prévention ne peut pas reposer sur les seules filles. La discussion peut donc être familiale et collective, sans faire du cancer du col l’unique raison de protéger contre ces infections.

En France, les recommandations prévoient une vaccination habituelle entre 11 et 14 ans. L’Assurance maladie indique que la prise en charge du rattrapage a été étendue aux jeunes femmes et aux jeunes hommes jusqu’à 26 ans révolus depuis décembre 2025, à la suite des recommandations de la HAS [3]. Le schéma dépend notamment de l’âge de début et des doses déjà reçues. Il doit être vérifié avec le professionnel. Une personne ne devrait pas recommencer ou compléter seule une série à partir d’une consigne générale. Le carnet et les documents disponibles permettent de reconstruire le parcours et de déterminer la suite adaptée.

Une cohorte suédoise publiée en 2020 dans le New England Journal of Medicine a examiné le risque de cancer invasif du col après vaccination. Après ajustement, le rapport d’incidence était de 0,37 chez les personnes vaccinées par rapport aux non-vaccinées, et de 0,12 lorsque la vaccination avait eu lieu avant 17 ans [4]. Il s’agit d’une étude observationnelle, pas d’un essai randomisé. Les ajustements réduisent certains écarts entre groupes sans garantir leur disparition totale. Le résultat apporte néanmoins une preuve importante sur une maladie invasive, au-delà des seules infections ou lésions intermédiaires, dans les conditions et la population étudiées.

Ces chiffres relatifs ne signifient pas que 63 ou 88 personnes sur cent ont nécessairement évité un cancer. Le bénéfice absolu dépend du risque de départ, du suivi et de la population. Ils ne constituent pas non plus une promesse de protection totale. La vaccination laisse une place au dépistage et à l’évaluation des symptômes. Une communication claire peut présenter une efficacité élevée sans effacer ses limites. Elle protège la confiance à long terme : une personne vaccinée qui reçoit un test anormal doit comprendre que cela n’annule pas automatiquement l’intérêt du programme, mais appelle la conduite prévue pour ce résultat particulier.

Les questions de sécurité doivent recevoir des réponses fondées sur les données et sur la situation clinique. Le professionnel vérifie les contre-indications et explique les réactions attendues ainsi que les modalités de surveillance. Une inquiétude ne devrait pas être traitée comme une opposition définitive. Les parents et les jeunes peuvent demander à quoi sert chaque dose et comment le suivi sera assuré. Il est préférable d’organiser cette conversation avant le rendez-vous. La prévention fonctionne mieux lorsque la décision repose sur une information comprise que lorsqu’une signature administrative semble remplacer toute possibilité de poser une question ou de signaler un événement après la vaccination.

La vaccination à l’adolescence suppose aussi une organisation dans le temps. La première dose ne clôt pas nécessairement le schéma et un changement d’établissement ou de médecin peut interrompre sa traçabilité. Noter le vaccin, la date et le professionnel permet de reprendre le dossier sans s’appuyer uniquement sur le souvenir d’une campagne scolaire. Les familles peuvent demander dès le départ comment sera proposé le rendez-vous suivant et où retrouver l’attestation. Pour un jeune devenu majeur, accéder à ces documents facilite une décision autonome. Cette continuité administrative sert directement la prévention : elle évite qu’une intention favorable reste une vaccination incomplète simplement parce que personne n’avait clairement annoncé la prochaine étape [3].

Le dépistage français change de test selon l’âge

Le programme s’adresse aux personnes ayant un col de l’utérus dans les âges et conditions prévus, généralement de 25 à 65 ans, vaccinées ou non [5]. Les situations particulières peuvent modifier le suivi. Une opération antérieure, une immunodépression ou des résultats anormaux doivent être signalés. Une invitation ne doit pas conduire à appliquer mécaniquement le même calendrier à tous. Le professionnel peut vérifier si le col a été conservé et quel parcours était prévu après une intervention. Cette précision anatomique est importante : le nom courant d’une opération ne suffit pas toujours à savoir quel organe a été retiré ou quelle surveillance reste nécessaire.

Entre 25 et 29 ans, le dépistage repose sur l’examen cytologique, qui recherche des cellules anormales. Après deux résultats normaux à un an d’intervalle, l’intervalle est généralement de trois ans dans ce cadre [6]. Le test HPV n’est pas utilisé de la même manière en première intention dans cette tranche d’âge, notamment parce que les infections transitoires y sont fréquentes. La différence ne signifie pas que les jeunes adultes seraient négligés. Elle vise à choisir l’examen dont le rapport entre bénéfices et conséquences est adapté. Un test plus sensible à une infection fréquente ne produit pas automatiquement une meilleure prévention si son usage entraîne des explorations inutiles.

De 30 à 65 ans, le dépistage repose généralement sur un test HPV à haut risque, avec un intervalle de cinq ans lorsque le résultat et la situation permettent ce rythme. Le passage après une cytologie normale suit des modalités précises [5]. Le calendrier doit donc être vérifié à partir du dernier examen réel, pas seulement de l’anniversaire des 30 ans. Un résultat anormal relève d’une autre conduite. La personne peut demander un résumé écrit de la prochaine échéance. Cette information évite aussi bien la répétition trop rapprochée sans indication que l’oubli prolongé parce que plusieurs professionnels ont donné des consignes que la patiente ne sait plus relier à ses résultats.

Le prélèvement se réalise auprès des professionnels et dans les lieux prévus. La prise de rendez-vous peut être l’occasion de signaler une douleur antérieure, un handicap ou une difficulté avec l’examen. Le consentement doit rester présent pendant le geste. La personne peut demander une explication, une pause ou une adaptation. La qualité du dépistage n’exige pas de subir en silence un examen vécu comme pénible. Les équipes peuvent préparer les conditions qui facilitent la réalisation. Une expérience respectueuse peut avoir une portée durable, car elle influence la possibilité de revenir et de consulter plus tard lorsqu’une autre question de santé gynécologique apparaît.

Le mot frottis est souvent utilisé pour parler de tout prélèvement du col. Il ne dit pas nécessairement quelle analyse a été faite. La patiente peut demander si le laboratoire a recherché des cellules anormales ou un HPV à haut risque, et quel résultat détermine la suite. Cette compréhension est plus utile que de mémoriser un terme général. Elle facilite aussi la transmission entre professionnels. Lors d’un déménagement ou d’un changement de cabinet, conserver le compte rendu permet d’éviter de reconstruire le calendrier à partir de souvenirs incomplets, notamment lorsque le test réalisé et l’intervalle recommandé ont changé avec l’âge.

Un résultat positif ouvre un suivi et non une condamnation

Un test HPV positif indique la détection d’un virus à haut risque dans le prélèvement. Il ne prouve ni une lésion précancéreuse ni un cancer. Les analyses complémentaires et le suivi dépendent de la situation [6]. L’explication doit arriver avec le résultat ou rapidement après. Une personne qui lit seulement le mot haut risque peut imaginer un danger immédiat très différent de ce que le test signifie. Le professionnel peut préciser ce qui est connu, ce qui reste à vérifier et quelle étape est prévue. Donner un délai et un interlocuteur réduit l’incertitude sans remplacer l’information par une assurance générale que tout irait forcément bien.

Une cytologie anormale appelle elle aussi une interprétation précise. Les catégories ne décrivent pas toutes le même niveau d’anomalie et n’entraînent pas nécessairement le même examen. La personne ne devrait pas comparer son compte rendu à une phrase isolée trouvée sur un forum. Le contexte, les résultats précédents et les recommandations guident la conduite. L’équipe peut expliquer pourquoi elle propose un contrôle ou une colposcopie. Le but est de choisir une réponse proportionnée. Ni le mot anormal ni la proposition d’attendre un intervalle défini ne doivent être laissés sans sens clinique, au risque de provoquer soit une panique, soit une banalisation qui interrompt le suivi.

La colposcopie examine le col avec un dispositif permettant de mieux voir certaines zones. Des prélèvements peuvent être réalisés selon les constatations. L’examen cherche à caractériser une anomalie, pas à confirmer automatiquement le pire scénario. La personne peut demander comment il se déroule, quelles précautions sont nécessaires et quand les résultats seront expliqués. Le retour d’information fait partie du soin. Une biopsie dont le compte rendu reste sans commentaire peut laisser la patiente dans une attente prolongée. Les services doivent organiser la transmission et la suite, particulièrement lorsque plusieurs lieux interviennent et que personne ne semble clairement responsable de rappeler.

Le traitement d’une lésion précancéreuse peut parfois éviter une évolution vers un cancer. Il doit tenir compte du type de lésion et des conséquences possibles, notamment sur les grossesses futures. L’Institut national du cancer rappelle que les gestes comme la conisation comportent des effets indésirables et nécessitent une information [7]. Le choix ne consiste donc pas à retirer systématiquement toute anomalie sans discussion. Il faut expliquer les bénéfices attendus, les alternatives éventuelles et la surveillance. Une personne qui a un projet de grossesse doit pouvoir le dire avant le geste, afin que l’équipe intègre ce projet dans une décision médicale adaptée plutôt que le découvrir après l’intervention.

Après un traitement, le suivi reste important. La personne ne doit pas reprendre seule le calendrier standard destiné à un résultat normal sans antécédent. L’équipe précise les contrôles nécessaires et leur durée. Les documents doivent être conservés et un relais prévu si le professionnel change. Une lésion traitée ne signifie pas qu’une surveillance permanente de chaque sensation serait utile. Elle signifie qu’un parcours spécifique doit être suivi. Cette distinction aide à vivre entre les examens sans abandonner le cadre. Le système de soins gagne à prévoir des rappels et une coordination, plutôt que supposer qu’une patiente retiendra seule pendant des années des consignes reçues dans une période parfois très anxiogène.

La différence entre dépistage et exploration explique pourquoi une échographie ne remplace pas automatiquement un prélèvement du col. Ces examens n’observent pas les mêmes éléments et ne répondent pas à la même question. Une consultation gynécologique peut comporter plusieurs gestes, sans que le test recommandé ait nécessairement été réalisé. À l’inverse, un prélèvement peut être fait dans un cadre qui ne constitue pas un bilan gynécologique exhaustif. La personne peut demander ce qui figure réellement sur l’ordonnance et dans le résultat. Cette vérification concrète est plus sûre que de compter les consultations pour estimer sa couverture, surtout lorsque les examens ont été répartis entre plusieurs cabinets ou laboratoires [6].

Les situations particulières et les symptômes ne suivent pas un simple calendrier

La ménopause ne supprime pas automatiquement la nécessité du dépistage dans les âges concernés [5]. L’absence de partenaire actuel n’annule pas non plus une exposition antérieure. Les messages doivent répondre à ces situations, car certaines personnes interrompent leur suivi en pensant qu’il ne les concerne plus. Un professionnel peut vérifier le parcours et les résultats. À l’inverse, après 65 ans, la décision dépend notamment de l’histoire du dépistage et des situations particulières. Il ne faut pas considérer un âge comme une autorisation d’ignorer un résultat ancien ou un symptôme nouveau. Le calendrier collectif doit toujours être relié au dossier individuel.

Une immunodépression, notamment selon les maladies ou les traitements, peut modifier le risque et la surveillance. Le professionnel qui suit cette situation doit pouvoir se coordonner avec celui qui organise le dépistage. Une personne n’a pas à deviner si son traitement change les intervalles. Elle peut poser la question et transmettre les informations utiles. Les recommandations générales ne couvrent pas toutes les combinaisons cliniques. L’objectif est d’obtenir un plan clair plutôt que de multiplier soi-même les tests par inquiétude. Un suivi renforcé a du sens lorsqu’il répond à un besoin défini, avec des examens et des modalités dont l’équipe peut expliquer le bénéfice attendu.

Des saignements inhabituels, notamment après un rapport ou après la ménopause, des pertes anormales ou d’autres symptômes persistants méritent une évaluation selon le contexte [8]. Ils ont plusieurs causes possibles et ne permettent pas un diagnostic à distance. Le point essentiel est de ne pas attendre la prochaine échéance de dépistage. Un prélèvement antérieur normal ne remplace pas l’examen d’un signe actuel. La consultation peut conduire à des investigations différentes de celles prévues chez une personne sans symptôme. La prévention doit expliquer cette différence pour éviter que le calendrier, destiné à protéger, devienne une raison de reporter une démarche diagnostique nécessaire.

La grossesse peut nécessiter une adaptation des examens ou du suivi, à décider avec les professionnels concernés. La patiente doit signaler sa situation et les résultats connus. Elle ne doit pas conclure seule qu’une anomalie pourrait attendre sans risque, ni qu’un examen serait obligatoirement impossible. Les décisions dépendent de ce qui est recherché et du terme, avec des précautions spécifiques. Une coordination permet de choisir la suite et de préparer l’après-grossesse lorsque c’est nécessaire. Le risque de rupture est réel lorsque plusieurs équipes pensent qu’une autre assurera le rappel. Le plan doit donc nommer la prochaine étape et le service qui en reste responsable.

Les personnes transgenres ou non binaires ayant un col peuvent également être concernées. L’organisation administrative et les formulaires ne doivent pas empêcher une prévention liée à l’anatomie et à la situation médicale. L’accueil doit respecter l’identité et permettre une discussion confidentielle. Les traitements et les opérations antérieures sont décrits pour choisir les examens appropriés, pas pour soumettre la personne à des questions sans rapport avec le soin. Une invitation automatique peut ne pas correspondre au dossier. Le professionnel aide alors à organiser un parcours adapté, avec le même droit à l’information et au consentement que pour toute autre personne concernée par le dépistage du col.

Une personne qui n’a jamais été dépistée et approche de la fin de la tranche d’âge ne devrait pas s’exclure elle-même en pensant qu’il serait trop tard pour commencer. L’absence d’historique est précisément une information à discuter. À l’inverse, continuer très longtemps des tests rapprochés après des résultats normaux ne se décide pas seulement pour se rassurer. Le médecin vérifie les examens antérieurs, les traitements du col et les facteurs particuliers avant de proposer une conduite. La prévention gagne ici à reconstruire quelques faits fiables : dates, type d’analyse et résultat. Sans eux, le même mot frottis peut masquer des situations très différentes et conduire aussi bien à un oubli qu’à une répétition injustifiée [5].

La continuité transforme deux outils efficaces en prévention réelle

La vaccination et le dépistage n’agissent pas au même moment. Leur complémentarité constitue une force, mais peut aussi créer une confusion : se croire dispensée de test après vaccination ou considérer que des prélèvements réguliers rendraient le vaccin inutile. L’information doit expliquer le rôle de chacun. Un carnet vaccinal à jour et un compte rendu de dépistage conservé sont deux éléments distincts du parcours. Le professionnel peut vérifier les deux lors d’un contact approprié. La prévention devient plus simple lorsque les étapes sont reliées à un calendrier lisible, avec des rappels et une possibilité de poser une question au lieu de devoir reconstruire les recommandations à chaque changement d’âge.

Les obstacles ne sont pas tous médicaux. Un rendez-vous peut être difficile à obtenir, un examen redouté après une expérience douloureuse ou une démarche rendue compliquée par la langue. Les équipes peuvent proposer une explication, une préparation et des relais. Un simple courrier ne suffit pas à lever ces difficultés. L’évaluation d’un programme doit regarder qui reste à l’écart et à quelle étape le suivi se perd. Une hausse du nombre de tests n’est pas le seul indicateur. Le retour des résultats, la colposcopie lorsqu’elle est indiquée et la prise en charge des lésions déterminent une part essentielle du bénéfice final.

L’autoprélèvement peut offrir une possibilité dans certains dispositifs, mais il ne doit pas être présenté comme équivalent à tous les examens gynécologiques. Ses indications, ses modalités et la conduite après un résultat doivent être vérifiées dans le cadre proposé [9]. Une commande commerciale ne garantit pas une intégration au parcours national. La personne doit savoir où l’échantillon sera analysé et qui expliquera le résultat. Si celui-ci nécessite un examen du col, cette étape reste importante. Un outil qui facilite l’entrée dans le dépistage doit aussi prévoir la suite, faute de quoi une difficulté de rendez-vous peut seulement être déplacée après un test positif.

Une illustration fictive rend ces enjeux visibles. Une jeune adulte pense avoir reçu toutes ses doses, mais les documents montrent une série incomplète. Un échange permet de définir le rattrapage. Quelques années plus tard, elle réalise le test prévu pour son âge et reçoit un résultat HPV positif. L’explication lui évite de croire que le vaccin aurait été inutile ou que son couple serait nécessairement en cause. La suite est organisée selon le résultat complémentaire. Cet exemple ne prédit pas une évolution. Il montre l’importance de l’information pour éviter des décisions fondées sur une peur ou une interprétation morale plutôt que sur le sens médical du test.

Le cancer du col de l’utérus illustre un potentiel de prévention important, qui dépend de l’accès et de la continuité autant que de l’existence des outils. Vacciner, dépister et suivre une anomalie constituent des étapes différentes d’une même protection. Chacune doit rester compréhensible et disponible pour les personnes concernées. La réussite ne se mesure pas seulement au nombre de doses ou de prélèvements. Elle se voit dans les parcours achevés, les lésions prises en charge et les personnes qui peuvent demander une explication sans honte. Une prévention solide réduit le risque tout en laissant une place claire au consentement, aux besoins particuliers et à la vie quotidienne.

Santé. Ces informations ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé. En cas d’urgence, appelle le 15 ou le 112.

Sources et références

Les appels entre crochets dans l’article renvoient aux références ci-dessous. Les dates des données sont distinguées des dates de publication. Liens vérifiés par recherche documentaire le 21 octobre 2026.

[1] OMS. Human papillomavirus and cancer. 2024. Fiche sur l’infection, sa persistance et les cancers associés.

[2] CIRC / IARC. IARC marks Cervical Cancer Awareness Month 2025. janvier 2025. Estimations mondiales pour 2022 : environ 660 000 cas et 350 000 décès ; années conservées dans le texte.

[3] Assurance maladie. Le vaccin contre les infections à papillomavirus humains est désormais pris en charge jusqu’à 26 ans. 19 décembre 2025. Rattrapage de 15 à 26 ans révolus ; prise en charge étendue le 12 décembre 2025.

[4] Lei J et coll.. HPV Vaccination and the Risk of Invasive Cervical Cancer. 2020, New England Journal of Medicine. Cohorte suédoise ; rapports d’incidence ajustés 0,37 et 0,12 avant 17 ans. Étude observationnelle.

[5] INCa. Dépistage du cancer du col de l’utérus : êtes-vous concernée ?. 21 octobre 2026, consultation de la page. Source institutionnelle originale ; les données citées sont datées dans le texte.

[6] INCa. Vos questions sur le dépistage du cancer du col de l’utérus. 21 octobre 2026, consultation de la page. Source institutionnelle originale ; les données citées sont datées dans le texte.

[7] INCa. Le programme de dépistage organisé du cancer du col de l’utérus. 21 octobre 2026, consultation de la page. Source institutionnelle originale ; les données citées sont datées dans le texte.

[8] Assurance maladie. Circonstances de découverte et diagnostic du cancer du col de l’utérus. 21 octobre 2026, consultation de la page. Source institutionnelle originale ; les données citées sont datées dans le texte.

[9] HAS. Évaluation de la recherche des HPV en dépistage primaire des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus et de la place du double immunomarquage p16/Ki67. 2019. Évaluation du test HPV et de la place de l’autoprélèvement dans des situations définies.

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