Ces informations ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé.
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Obésité : prévenir une maladie chronique sans enfermer les personnes dans leur poids

L’obésité concerne la santé, mais son traitement reste souvent envahi par les jugements sur l’apparence et la volonté. Cette confusion retarde le recours aux soins et nourrit un marché de solutions rapides. Dans sa mise à jour d’octobre 2026, l’Organisation mondiale de la santé estime que 940 millions d’adultes vivaient avec une obésité en 2024. Face à cette progression, la prévention doit agir avant la maladie et continuer lorsque celle-ci est installée. Elle associe l’environnement alimentaire, le mouvement, le sommeil, la santé mentale et un parcours médical adapté. Les nouveaux médicaments et la chirurgie élargissent les possibilités pour certaines personnes, sans supprimer le besoin d’accompagnement. L’objectif est de réduire les complications et d’améliorer la vie quotidienne, avec des décisions fondées sur les preuves plutôt que sur la promesse d’un corps idéal.

Consultation : une médecin échange calmement avec une patiente
Photo sous licence. Image symbolique, non contractuelle.

Une maladie fréquente que la balance ne suffit pas à décrire

La mesure du poids peut devenir un événement chargé d’émotions. Certaines personnes évitent une consultation parce qu’elles redoutent que tout symptôme soit ramené à leur corpulence. D’autres ont essayé de nombreux régimes et n’attendent plus qu’une nouvelle consigne impossible à maintenir. Une démarche de soins commence par reconnaître cette histoire. Le professionnel peut demander l’accord pour aborder le sujet et écouter les priorités. La personne souhaite peut-être marcher sans douleur, mieux dormir ou préparer une grossesse. Ces objectifs ne remplacent pas l’évaluation médicale ; ils lui donnent un sens et permettent de construire un projet partagé plutôt qu’une prescription centrée sur un nombre de kilos.

L’OMS a actualisé sa fiche sur le surpoids et l’obésité le 7 octobre 2026. Elle estime qu’en 2024, 45 % des adultes dans le monde étaient en surpoids, catégorie qui inclut l’obésité, et que 16 % vivaient avec une obésité, soit 940 millions d’adultes [1]. Les catégories ne doivent donc pas être additionnées. Ces données mondiales ne décrivent pas la seule population française. Elles montrent l’ampleur d’un problème présent dans des contextes économiques très différents. La progression ne peut pas être expliquée sérieusement par une défaillance soudaine de la volonté de millions de personnes vivant dans des pays et des conditions variés.

Chez l’adulte, l’indice de masse corporelle correspond au poids en kilogrammes divisé par le carré de la taille en mètres. Les seuils usuels situent le surpoids à partir de 25 et l’obésité à partir de 30 [1]. L’indice est utile pour le repérage et les comparaisons, mais ne résume pas la composition corporelle ni le retentissement individuel. Le bilan peut examiner la répartition de la graisse, les capacités physiques et les maladies associées. Pour les enfants, les références dépendent de l’âge et du sexe : appliquer directement les seuils adultes serait une erreur qui pourrait conduire à une interprétation inadaptée de la croissance.

L’évaluation doit rechercher les conséquences et les besoins plutôt que s’arrêter au classement. Une hypertension, un trouble du sommeil, une limitation articulaire ou une difficulté psychologique peuvent modifier les priorités. La personne peut aussi présenter une autre maladie qui mérite une investigation indépendante du poids. Une consultation centrée uniquement sur l’amaigrissement risque de la méconnaître. Le guide de parcours de la HAS, actualisé en 2024, insiste sur une prise en charge personnalisée et coordonnée [2]. Cette approche permet de définir le niveau d’accompagnement nécessaire, avec une attention au retentissement fonctionnel, aux complications et à l’histoire de la personne dans sa globalité.

Les mots employés ont des effets sur l’accès aux soins. Décrire une personne comme paresseuse ou incapable de se contrôler ne constitue pas une analyse clinique. La stigmatisation peut rendre le suivi plus difficile et favoriser l’évitement. Les équipes peuvent agir concrètement en proposant du matériel adapté, un accueil respectueux et une confidentialité réelle lors de la pesée. Ces aménagements ne sont pas une faveur. Ils rendent possible un examen de qualité. Une stratégie de prévention qui affirme vouloir atteindre les publics exposés doit commencer par vérifier que ces publics peuvent entrer dans un cabinet, utiliser les équipements et parler de leurs difficultés sans être humiliés.

Les trajectoires se construisent dans un environnement

L’apport alimentaire et la dépense énergétique participent à l’évolution du poids, mais cette relation ne signifie pas que chacun contrôle librement tous leurs déterminants. L’appétit, les habitudes, les traitements, la mobilité, le sommeil et les contraintes sociales peuvent intervenir. Une douleur qui limite les déplacements et un emploi aux horaires irréguliers ne se résolvent pas par le même conseil. L’entretien doit retracer l’évolution plutôt que chercher un responsable unique. Quand le poids a-t-il changé ? Quelles périodes ont été marquantes ? Quels programmes ont été suivis ? Ces questions permettent d’identifier des points d’action et d’éviter de répéter une stratégie déjà mal tolérée ou inefficace dans le même contexte.

La disponibilité des aliments influence les choix avant même la décision individuelle. Le prix, les promotions, la taille des portions et le temps de préparation rendent certaines options plus faciles que d’autres. Une famille qui dispose d’un budget serré peut privilégier ce qui se conserve et rassasie. Il est inutile de répondre seulement par une liste d’aliments souhaitables si elle ne peut pas les acheter ou les cuisiner. L’accompagnement peut partir des commerces et des équipements réels. La prévention collective peut, elle, agir sur l’offre et l’accessibilité, afin que la solution favorable ne soit pas systématiquement celle qui exige le plus de temps, d’argent et d’organisation.

Le mouvement doit être abordé à partir des capacités actuelles. Une personne qui souffre lorsqu’elle marche n’a pas besoin d’être envoyée d’emblée vers une activité intense. Un professionnel peut chercher une pratique adaptée, travailler sur la mobilité ou orienter vers une rééducation selon la situation. Les progrès peuvent être fonctionnels avant d’être pondéraux. Se relever plus facilement, reprendre une sortie ou gagner de l’endurance sont des résultats utiles. Le sport ne doit pas devenir une punition destinée à compenser les repas. Une activité supportable et appréciée a davantage de chances d’être conservée qu’un programme qui provoque douleur, honte et abandon dès les premières séances.

Les troubles du comportement alimentaire demandent une évaluation spécifique. Des épisodes de perte de contrôle, une restriction importante ou une anxiété envahissante autour des repas ne se traitent pas simplement en renforçant les interdictions. La personne peut avoir besoin d’un accompagnement psychologique et nutritionnel coordonné. Un régime très contraignant peut compliquer une situation déjà fragile. La HAS recommande de tenir compte de cette dimension dans le parcours [2]. Pour le lecteur, la démarche utile est de raconter ce qui se passe réellement, y compris les épisodes difficiles. Le soin doit pouvoir accueillir cette information sans la transformer en preuve que le patient ne serait pas assez sérieux pour être aidé.

La prévention chez les enfants exige de préserver la croissance et la relation au corps. Une courbe qui change mérite une interprétation par un professionnel, pas un régime décidé sur la base d’une photographie ou d’une comparaison entre camarades. Les habitudes familiales, le sommeil, les activités et les possibilités de mouvement peuvent être examinés sans isoler l’enfant comme le problème. Il faut également protéger contre les moqueries. Une intervention qui rend les repas anxieux ou installe un sentiment de honte peut produire d’autres difficultés. Le dialogue avec la famille doit chercher des changements partagés et compatibles avec la vie quotidienne, en tenant compte des besoins propres à l’âge.

Les régimes rapides répondent mal à une maladie durable

Le marché de l’amaigrissement privilégie les résultats visibles et rapides. Les photographies avant-après montrent une différence de silhouette, rarement la durée du suivi, les abandons ou les conséquences. Une perte de poids n’est pas à elle seule une preuve qu’une méthode protège la santé dans le temps. L’Anses a documenté les risques de pratiques amaigrissantes restrictives dans une expertise publiée en 2010 [3]. Ce travail ancien doit être daté, mais sa question reste utile : quelles conséquences une méthode impose-t-elle à l’organisme et au comportement alimentaire ? La nouveauté du nom ou du support numérique ne dispense pas d’examiner ce qui est réellement demandé.

Les exclusions multiples peuvent entraîner une alimentation difficile à équilibrer et compliquer les repas sociaux. Elles créent parfois un succès initial suivi d’un abandon lorsque le programme devient incompatible avec le travail ou la famille. Le suivi doit demander ce qui peut être maintenu, et pas seulement ce qui semble efficace pendant une courte période. Une amélioration durable peut passer par des changements moins spectaculaires mais mieux adaptés. La personne n’a pas à choisir entre une discipline extrême et l’absence de toute action. Elle peut bénéficier d’un travail progressif sur les habitudes, avec des soins complémentaires lorsque le bilan et les objectifs le justifient dans sa situation.

Le retour du poids après une intervention ne doit pas être interprété automatiquement comme un manque de volonté. La régulation biologique et les conditions de vie persistent. Cela justifie un accompagnement dans la durée et un réexamen du plan. Le professionnel peut distinguer un objectif initial trop ambitieux, une stratégie mal adaptée, un obstacle nouveau ou un besoin d’intensification du soin. Le patient doit savoir qu’il peut revenir sans attendre d’avoir retrouvé seul un résultat jugé acceptable. Une maladie chronique se suit aussi lorsque son évolution déçoit. Conditionner l’accueil à une baisse de poids préalable peut fermer le parcours au moment où une aide supplémentaire devient nécessaire.

Les programmes numériques peuvent fournir un cadre, mais leur valeur dépend de leur contenu et de leur capacité à repérer les situations particulières. Une consigne standard peut ignorer une grossesse, une maladie rénale, un trouble alimentaire ou une fragilité musculaire. Le service doit préciser qui accompagne, quelles compétences sont disponibles et comment un problème est orienté. Un algorithme qui ajuste seulement les calories ne constitue pas un parcours complet. L’utilisateur peut demander quelles données soutiennent les résultats annoncés et combien de personnes ont quitté le programme. Ces informations comptent autant que les témoignages de ceux qui ont atteint les objectifs les plus visibles.

Un exemple fictif montre ce que peut apporter une autre démarche. Une personne consulte après plusieurs régimes. Elle dit surtout ne plus pouvoir jouer longtemps avec son enfant. Le bilan repère des douleurs et une difficulté de sommeil qui doivent être prises en charge. Le plan commence par améliorer ces obstacles, adapter l’activité et revoir quelques repas compatibles avec ses horaires. Le poids est suivi, mais ne monopolise pas les échanges. Cet exemple ne garantit aucun résultat. Il illustre un changement de méthode : partir d’un problème fonctionnel et d’un bilan pour organiser des soins, au lieu de remettre immédiatement la même restriction alimentaire que lors des tentatives précédentes.

Les nouveaux médicaments ont des preuves et des limites

L’essai STEP 1, publié en 2021 dans le New England Journal of Medicine, a étudié 1 961 adultes sans diabète présentant une obésité ou un surpoids avec une affection associée. Après 68 semaines, la variation moyenne du poids était de moins 14,9 % avec le sémaglutide étudié, contre moins 2,4 % avec le placebo, les deux groupes recevant une intervention sur le mode de vie [4]. Ce résultat concerne une molécule, une dose et une population précises. Il ne permet pas de promettre la même perte à chaque patient ni de transposer automatiquement l’effet à tous les produits présentés comme agissant sur les mêmes voies biologiques.

La tolérance fait partie de l’évaluation, notamment avec des effets digestifs possibles. Le choix doit prendre en compte les indications, les contre-indications, les autres traitements et le projet de vie. La disponibilité et les règles de prise en charge évoluent ; elles doivent être vérifiées au moment de la prescription. Un médicament n’est pas une solution cosmétique à acheter sans bilan pour perdre quelques kilos. Les circuits non contrôlés exposent aussi à des produits dont la composition ou la conservation peut être incertaine. La nouveauté thérapeutique justifie une information précise et un suivi, pas une banalisation de l’achat ni une promesse de résultat indépendant de toute surveillance médicale.

L’essai SELECT apporte un résultat d’une autre nature. Publié en 2023, il a inclus 17 604 adultes présentant un surpoids ou une obésité, une maladie cardiovasculaire déjà établie et pas de diabète. Le critère cardiovasculaire principal est survenu chez 6,5 % des participants sous sémaglutide contre 8,0 % sous placebo pendant le suivi, soit une réduction relative de 20 % [5]. La différence absolue est de 1,5 point de pourcentage sur la période étudiée. Il s’agit d’une population à risque élevé. Le résultat ne signifie pas que tous les adultes en surpoids sans antécédent cardiovasculaire obtiendraient le même bénéfice absolu.

Cette distinction entre le poids et les événements cliniques est importante. Un traitement peut modifier un indicateur sans que l’ensemble de ses bénéfices à long terme soit encore connu. À l’inverse, une preuve sur les événements cardiovasculaires peut justifier un intérêt spécifique dans un groupe défini. Les comparaisons entre médicaments doivent donc regarder les populations, les critères et les durées, pas seulement le pourcentage d’amaigrissement. Les titres médiatiques rapprochent parfois des essais très différents. Pour décider, le médecin et le patient doivent revenir à la question personnelle : quel problème veut-on traiter et quelles preuves soutiennent ce choix pour une situation comparable ?

La question de l’arrêt du médicament mérite d’être anticipée. L’essai SURMOUNT-4, publié dans JAMA en 2024, a étudié la poursuite ou le retrait du tirzépatide après une première phase de traitement. Le retrait s’est accompagné d’une reprise pondérale importante par rapport à la poursuite [6]. Cette observation ne signifie pas que tous les traitements doivent être maintenus indéfiniment chez chaque patient. Elle rappelle que le plan doit inclure la durée, les critères de réévaluation et la stratégie si l’accès ou la tolérance changent. Commencer sans aborder ces questions peut laisser la personne démunie lorsque le financement, l’approvisionnement ou sa situation médicale se modifie.

La chirurgie s’inscrit dans un parcours et un suivi à vie

La chirurgie bariatrique peut être une option pour certaines personnes, après une évaluation spécialisée et une décision partagée. Elle ne se déduit pas du seul désir de maigrir rapidement. Le bilan examine notamment les complications, les prises en charge antérieures, l’état nutritionnel et les conditions de suivi. La HAS a actualisé ses documents en 2024 et insiste sur la préparation comme sur l’accompagnement après l’intervention [7]. Le lecteur doit pouvoir comprendre les bénéfices attendus, les risques et les contraintes. Une opération modifie durablement l’organisation des repas et peut nécessiter des traitements et des contrôles réguliers selon la technique et la situation.

La préparation permet de rendre le projet concret. Comment les repas seront-ils organisés au travail ? Qui contacter en cas de vomissements ou de difficulté à s’alimenter ? Quels examens sont prévus ? Les réponses doivent être compréhensibles et disponibles avant le retour à domicile. La personne n’a pas seulement besoin d’une date opératoire. Elle a besoin d’un parcours qui reste accessible après. Les difficultés matérielles, la distance ou l’absence de médecin relais doivent être anticipées. Une intervention techniquement réussie peut être fragilisée si le suivi nutritionnel, médical et psychologique devient introuvable au moment où apparaissent les premières difficultés dans la vie quotidienne.

Les carences et les problèmes nutritionnels nécessitent une prévention spécifique. Les modalités de supplémentation et de surveillance dépendent du parcours et doivent être suivies avec l’équipe. Une personne peut se sentir bien et avoir pourtant besoin des contrôles prévus. Le suivi ne doit donc pas être limité aux symptômes ou à la vitesse de perte de poids. Il porte aussi sur les apports, la force, les analyses et la tolérance alimentaire. Une fatigue nouvelle ou des troubles persistants doivent être signalés. Les forums peuvent offrir un soutien entre pairs, mais ne remplacent pas l’évaluation lorsque l’état se modifie ou qu’une difficulté empêche de boire et de manger normalement.

Un projet de grossesse doit être discuté avec les équipes concernées. La préparation, le délai et la surveillance nutritionnelle demandent une coordination. Il ne faut pas déduire une conduite personnelle d’un témoignage dont les circonstances diffèrent. La HAS rappelle cette nécessité dans son information destinée aux patients [7]. La question peut être abordée avant la chirurgie et réévaluée ensuite. Cette anticipation évite de laisser une personne découvrir tardivement des précautions importantes. Elle montre aussi que la décision thérapeutique ne se limite pas au poids du moment : elle doit être compatible avec les projets, les traitements et les responsabilités qui structurent les années suivantes.

Une reprise de poids après une chirurgie ne doit pas fermer l’accès au suivi. Elle peut demander un bilan des habitudes, de l’état psychique, de l’anatomie ou d’autres facteurs selon les circonstances. La réponse n’est pas identique pour tous. L’équipe peut proposer des ajustements et discuter des options disponibles. Le patient ne devrait pas attendre que la situation se dégrade pour revenir parce qu’il craint d’être jugé. Le caractère chronique de la maladie implique précisément la possibilité de réévaluer. Une relation de soins durable doit pouvoir accueillir les résultats moins favorables avec la même rigueur que les réussites initiales mises en avant dans les présentations publiques.

Le premier rendez-vous peut être préparé sans dossier parfait. Quelques repères sur l’évolution du poids, les traitements et les tentatives antérieures suffisent souvent à ouvrir l’entretien. La personne peut noter ce qu’elle souhaite améliorer et ce qu’elle ne veut plus revivre dans les soins. Cette information aide l’équipe à éviter un programme déjà vécu comme violent ou inefficace. Elle ne dispense pas du bilan, mais elle montre les conditions nécessaires pour que le patient puisse s’engager. Une prise en charge personnalisée doit pouvoir entendre un refus ou une inquiétude et proposer une discussion, plutôt qu’interpréter immédiatement cette réaction comme un manque de motivation.

Les modalités de pesée peuvent être convenues. Certaines personnes préfèrent ne pas entendre le chiffre à chaque visite ; d’autres souhaitent le suivre. Le professionnel peut expliquer l’utilité de la mesure et adapter la manière de la réaliser lorsqu’elle est nécessaire. L’objectif n’est pas de supprimer une information clinique, mais de l’obtenir dans des conditions qui n’abîment pas la relation de soins. Une mesure fiable et un accueil respectueux peuvent aller ensemble. La prévention gagne à rendre explicites ces détails, souvent absents des recommandations générales alors qu’ils déterminent la volonté de revenir et la possibilité de parler librement des difficultés.

Le coût du parcours doit être discuté avant de multiplier les orientations. Plusieurs consultations, des déplacements et des séances d’activité peuvent représenter une charge importante. Le patient peut avoir besoin de connaître les prises en charge disponibles et les alternatives. Une recommandation ne devient pas accessible simplement parce qu’une adresse a été donnée. L’équipe peut rechercher un relais de proximité ou une organisation moins fragmentée. Les choix thérapeutiques doivent aussi anticiper les dépenses dans la durée, notamment lorsqu’un traitement doit être poursuivi et surveillé. Cette transparence évite qu’une interruption soit ensuite présentée comme un désintérêt alors qu’elle résulte d’une impossibilité financière.

Les personnes concernées peuvent participer à l’amélioration des services. Elles savent quels lieux, équipements ou formulations rendent les soins difficiles. Recueillir leurs retours permet de corriger des obstacles précis et d’évaluer l’accueil au-delà des intentions affichées. Une consultation peut être médicalement compétente tout en restant matériellement inadaptée. Le changement peut porter sur une salle d’attente, une table d’examen ou la façon de poser une question. L’expérience des patients complète les indicateurs médicaux. Elle aide à construire un parcours où les personnes ne viennent pas seulement parce qu’on leur demande de changer, mais parce qu’elles trouvent enfin les conditions pour être correctement accompagnées.

Prévenir les complications et rendre les soins accessibles

Le suivi peut conserver plusieurs objectifs simultanés. La pression artérielle, la glycémie, la respiration nocturne, les douleurs et les capacités physiques peuvent nécessiter des actions distinctes. Attendre une perte de poids pour traiter toute autre difficulté serait une erreur. Une personne a droit aux soins de ses symptômes et de ses maladies dès maintenant. Les progrès peuvent être observés dans plusieurs domaines, avec des critères convenus. Cette approche évite qu’une balance stable masque une amélioration fonctionnelle ou, à l’inverse, qu’une baisse de poids fasse oublier une fatigue ou un déficit nutritionnel qui mérite une intervention rapide et indépendante.

Le maintien de la force et de la mobilité demande une attention particulière, notamment chez les personnes âgées ou fragiles. Une perte de poids rapide ne doit pas être recherchée sans considérer ses effets sur les capacités. Le professionnel peut adapter les apports et les activités, avec un accompagnement approprié. L’objectif est de préserver une santé globale et une autonomie, pas de déplacer un indicateur au prix d’une faiblesse accrue. Cette précaution montre pourquoi les conseils destinés à un adulte jeune ne doivent pas être appliqués automatiquement à une personne âgée, malade ou en récupération après une hospitalisation, même si leurs indices de masse corporelle semblent comparables.

Les professionnels doivent également pouvoir coordonner leurs interventions. Des messages contradictoires entre plusieurs consultations peuvent désorienter le patient. Un résumé du projet, des objectifs et des traitements aide à maintenir une direction commune. La personne doit savoir qui assure le suivi principal et comment contacter l’équipe en cas de difficulté. Ce cadre réduit la charge administrative et évite de recommencer l’histoire à chaque rendez-vous. Il rend aussi plus facile une transition lors d’un déménagement ou d’un changement de traitement. La qualité du parcours se mesure à cette continuité, pas seulement au nombre de disciplines présentes dans une brochure ou une présentation institutionnelle.

La prévention collective peut agir tôt sur les environnements alimentaires et les possibilités de mouvement. La restauration scolaire, les lieux de travail et les espaces publics peuvent rendre les options favorables plus disponibles. Ces actions ne doivent pas surveiller publiquement les corps ni trier les personnes selon leur poids. Elles bénéficient à l’ensemble de la population. Leur évaluation doit regarder l’accès réel et les différences sociales. Une activité gratuite mais éloignée ou une offre alimentaire plus chère peut laisser les inégalités intactes. Écouter les personnes concernées permet d’identifier les obstacles que les concepteurs ne voient pas lorsqu’ils disposent eux-mêmes de temps, de transport et de revenus plus stables.

Prévenir et soigner l’obésité demande de quitter les réponses uniques. Les habitudes comptent, les environnements aussi, et certains patients ont besoin de traitements supplémentaires. Les essais récents élargissent les possibilités sans effacer leurs conditions ni les limites des résultats moyens. Le parcours le plus utile reste celui qui examine les complications, respecte les priorités et maintient une aide lorsque l’évolution devient difficile. Une personne n’est pas un graphique de poids. Le résultat recherché est une vie mieux protégée, avec davantage de capacités et un accès réel à des soins adaptés, sans que la honte ou la promesse d’une transformation rapide décide à la place de la médecine.

Santé. Ces informations ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé. En cas d’urgence, appelle le 15 ou le 112.

Sources et références

Les appels entre crochets dans l’article renvoient aux références ci-dessous. Les dates des données sont distinguées des dates de publication. Liens vérifiés par recherche documentaire le 21 octobre 2026.

[1] OMS. Obesity and overweight. 7 octobre 2026 ; estimations mondiales 2024. 45 % des adultes en surpoids, obésité incluse ; 16 % avec obésité.

[2] HAS. Guide du parcours de soins : surpoids et obésité de l’adulte. Actualisation 2024. Bilan, personnalisation, coordination et suivi.

[3] Anses. Régimes amaigrissants : des pratiques à risque. Expertise et dossier de presse, 25 novembre 2010. Risques des restrictions ; ancienneté explicitée.

[4] Wilding JPH et coll.. Once-Weekly Semaglutide in Adults with Overweight or Obesity. NEJM, 2021 ; STEP 1. 1 961 adultes ; variations moyennes à 68 semaines.

[5] Lincoff AM et coll.. Semaglutide and Cardiovascular Outcomes in Obesity without Diabetes. NEJM, 2023 ; SELECT. 17 604 adultes à maladie cardiovasculaire établie ; événements 6,5 % contre 8,0 %.

[6] Aronne LJ et coll.. Continued Treatment With Tirzepatide for Maintenance of Weight Reduction in Adults With Obesity. JAMA, 2024 ; SURMOUNT-4. Poursuite contre retrait après une phase initiale de traitement.

[7] HAS. Chirurgie de l’obésité : ce qu’il faut savoir avant de vous décider. Information actualisée après les recommandations 2024. Préparation, suivi, nutrition et projets de grossesse.

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