Un virus très répandu
La HAS indique que près de 80 % des personnes sexuellement actives seront infectées par un ou plusieurs HPV au cours de leur vie. Soixante pour cent des primo-infections surviennent dans les cinq ans suivant le premier rapport sexuel, et l’infection persiste au-delà de deux ans chez 5 à 10 % des personnes infectées [1].
Chaque année, on compte environ 100 000 condylomes ano-génitaux, 35 000 lésions précancéreuses et 6 400 cancers, dont près de la moitié du col de l’utérus. En 2023, il y a eu 3 159 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus et 1 100 décès [1].
Qui est concerné par la vaccination
En France, la vaccination de base concerne les filles et les garçons de 11 à 14 ans révolus. Le rattrapage vaccinal concernait jusqu’ici les 15 à 19 ans révolus, et les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes jusqu’à 26 ans. Dans son communiqué du 13 mai 2025, la HAS recommande d’étendre le rattrapage aux jeunes femmes et jeunes hommes jusqu’à 26 ans révolus, quelle que soit leur orientation sexuelle, s’ils n’ont pas été vaccinés entre 11 et 14 ans [1]. En mars 2026, l’Assurance Maladie présente le rattrapage jusqu’à 26 ans pour les personnes des deux sexes [2].
La HAS rappelle que la protection est optimale si la vaccination est faite le plus tôt possible. Elle juge la couverture des 11-14 ans insuffisante [1].
Le schéma vaccinal
Avant 15 ans, deux doses espacées de 5 à 13 mois. À partir de 15 ans, trois doses : la deuxième deux mois après la première, la troisième six mois après la première. Le vaccin cité est le Gardasil 9. Une surveillance de 15 minutes après l’injection est prévue pour prévenir syncopes et malaises [1].
Une couverture encore faible
En 2024, le schéma complet à 16 ans concernait 48 % des filles et 24,5 % des garçons. Les objectifs sont de 80 % de couverture chez les adolescents d’ici 2030 en France et de 90 % chez les filles de 15 ans pour l’OMS [1]. Environ 3,6 millions de jeunes adultes de 20 à 26 ans n’ont pas pu être vaccinés à l’adolescence. Environ 80 % des 18-24 ans expriment une opinion favorable en 2023-2024 [1].
Efficacité, sécurité et limites
Chez les 16-26 ans, le vaccin prévient les lésions cervicales précancéreuses de haut grade et les verrues génitales, y compris chez les personnes déjà infectées, avec une protection moindre que chez les personnes non infectées. Un suivi à long terme confirme l’efficacité jusqu’à 12 ans après la vaccination. Le profil de sécurité est décrit comme bien établi et favorable [1].
Le vaccin ne protège ni contre tous les types de HPV à haut risque, ni contre les infections déjà présentes. Il ne remplace pas le dépistage du cancer du col de l’utérus, recommandé dès 25 ans [1]. En parler avec son médecin, sa sage-femme ou son pharmacien est le point de départ.
Sources et références
[1] Haute Autorité de santé. Papillomavirus (HPV) : le rattrapage vaccinal recommandé chez les femmes et les hommes jusqu’à 26 ans révolus. Communiqué du 13 mai 2025, consulté le 29 octobre 2026. Recommandations, schéma, chiffres, justification.
[2] Assurance Maladie. Prévenir les IST. Publié le 5 mars 2026, consulté le 29 octobre 2026. Vaccination HPV, rattrapage de 15 à 26 ans.



