De quoi parle-t-on
L’Inserm distingue trois groupes : les aliments bruts ou peu transformés (fruits, légumes, viande, lait, sucre, sel), les aliments transformés par des procédés simples (pain frais, fromage traditionnel, conserves) et les aliments ultra-transformés, fabriqués par des procédés industriels à partir de produits industriels et d’additifs : sodas, céréales, biscuits, nuggets, nouilles instantanées [1].
Selon l’Inserm, ces produits représentent en moyenne environ un tiers des apports caloriques quotidiens (la page ne précise pas l’année) [1]. Le communiqué de novembre 2025 indique environ 35 % des apports en France et jusqu’à 60 % aux États-Unis [2].
Ce que montrent les études
La série du Lancet, signée par 43 scientifiques internationaux, comprend une revue systématique de 104 études à long terme : 92 font état d’une incidence plus élevée d’une ou plusieurs maladies chroniques liée à la consommation d’aliments ultra-transformés. Des méta-analyses retrouvent des associations significatives pour 12 problèmes de santé, dont l’obésité, le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, la dépression et la mortalité prématurée toutes causes confondues [2].
Les régimes riches en ces produits sont associés à une surconsommation alimentaire globale, à une mauvaise qualité nutritionnelle (trop de sucre et de mauvaises graisses, trop peu de fibres et de protéines) et à une exposition plus élevée à des additifs et à des produits chimiques potentiellement problématiques [2].
Ce que la science ne sait pas encore
Dans sa page pédagogique, l’Inserm insiste sur les limites : il s’agit d’associations suggérées, les mécanismes restent à préciser. Le microbiote intestinal pourrait jouer un rôle central, mais cela n’est pas clair. L’impact à long terme de certains additifs, sous-produits de transformation et contaminants d’emballage n’est pas bien connu, et des recherches évaluent l’effet de chaque substance, seule ou combinée [1].
Une association statistique ne prouve pas à elle seule une cause. Elle justifie cependant la prudence quand elle se répète dans des dizaines d’études.
Les propositions des experts
Le communiqué de l’Inserm rapporte plusieurs propositions : réglementer et réduire la production, la commercialisation et la consommation, indiquer le caractère ultra-transformé sur l’étiquetage, renforcer les restrictions de publicité destinées aux enfants, interdire ces produits dans les institutions publiques comme les écoles et les hôpitaux et limiter leur place dans les rayons des supermarchés [2].
Que faire à son échelle
Les travaux ne demandent pas de culpabiliser les consommateurs. Un repère pratique consiste à regarder la liste d’ingrédients : plus elle est longue et compte d’additifs, plus le produit est probablement très transformé. Remplacer progressivement quelques produits par des aliments bruts ou peu transformés, comme des fruits, des légumes, des légumineuses ou du pain frais, est une démarche réaliste.
Sources et références
[1] Inserm. Pas si super : c’est quoi un aliment ultra-transformé ?. Publié le 25 septembre 2023, modifié le 9 janvier 2026, consulté le 29 octobre 2026. Définition, part des apports, limites.
[2] Inserm. Aliments ultra-transformés : des impacts négatifs sur la santé documentés et des propositions concrètes pour limiter l’exposition des populations. Communiqué du 19 novembre 2025, consulté le 29 octobre 2026. Série du Lancet, chiffres, propositions.



